Du dénouement des « noeuds » et de la libération dans la Cité.

15-10-2017

Texte de Zarina Khan paru dans la Revue de l'Erre N°31 de Juillet 2014  « Groupe et violence »


Texte de Zarina Khan paru dans la Revue de l'Erre N°31 de Juillet 2014 

« Groupe et violence »

Revue de la fédération nationale des associations des réeducateurs de l'éducation nationale et de la Fnaren

Du dénouement des « noeuds » et de la libération dans la Cité.

Comme le jour et la nuit rythment l'histoire du monde, la violence et son contraire, le respect,, tissent la trame de l'histoire de l'humanité. Nier la violence, chercher à l'anéantir est tout aussi illusoire que de chercher à vaincre la nuit. Même si, éclairée de toutes parts, dans l'obscurité qui scintille de la lumière des villes, on ne la voit plus avec les yeux, elle est là, tapie en chacun.

Groupe et violence, ces deux mots, rapprochés sur la page font naître des images noires, les génocides et leurs charniers, le terrorisme et ses horreurs, les épurations ethniques, les camps d'extermination, les viols de masse...Un rapprochement qui fait surgir honte, colère et désolation devant l' histoire de l'humanité.

Or, dans le vivant, qu'est ce qui ne fait pas groupe ? Les étoiles font groupe en galaxies, les abeilles en essaims, les loups en meutes, les députés en assemblées, puis en groupes parlementaires, les entreprises en groupes financiers, les sportifs en équipes, les tambours et les clairons en « cliques », les voyous en bandes, les mafieux en clans, les penseurs en écoles, les gens de lettres en cénacles, les artistes en cercles, les militaires en groupes de combat et en commandos, les porteurs d' intérêts communs en groupes de pression et en lobbies, les tissus du corps humains en groupes de compatibilité, les antigènes et anticorps en groupes sanguins, les dauphins en bancs, les chiens en hordes, les moutons en troupeaux, les acteurs en troupe, les arbustes en bosquets, les arbres en forêts...

Et cette organisation n'ouvre pas systématiquement sur la violence mais souvent, au contraire, sur une quête de cohérence .

Que la jeunesse en milieu scolaire se fédère en groupes, n'est par conséquent qu'un mouvement qui se situe dans l'ordre du vivant. Et on pourrait croire que tout naturellement le groupe va permettre à l'individu de s'inscrire dans le collectif et d'inscrire le collectif en lui.

C'est compter sans la violence qui trouve dans le groupe un inépuisable engrais pour croître. 

« Si le groupe se définit comme un ensemble ayant une cohérence de nature ou spatiale » (Chateaubriand), dans les « groupes scolaires » en effet, des élèves de plus en plus jeunes se réunissent par « natures », affinités communautaristes, géographiques, par quartiers, et par dérives communes, alcool, drogues, économie parallèle. Se créent alors les « bandes », avec leurs hiérarchies, (le meneur qui affirme à travers la force sa domination, les membres du groupe structurés en niveaux de soumission), leurs codes et leurs rites, leur « style », leurs modes d'action et d'expression spécifiques et la dilution rassurante de toute notion de responsabilité personnelle. 

En perte d'identité et de repères, souffrant de dévalorisations répétées, les membres de la bande sont réunis par un même besoin viscéral : se sentir exister.

Et leur « existence » va s'affirmer à travers des actes barbares de destruction, d'atteinte aux biens et à l'intégrité des individus . C'est une mise en représentation du groupe pour le collectif qui va ainsi reconnaître la présence du groupe dans la vie de la cité.

Car, dépourvus d'autres voies, pour cette jeunesse en mal d'existence, l'identité ne peut se construire qu'en opposition à celle des autres. Chacun revendique d'être reconnu dans le collectif, et va l'être à travers des actes de violence. Pourtant, loin d'ouvrir le groupe au collectif, le résultat inévitable de cette reconnaissance négative, va l'exclure davantage de la Cité.

Le mot « groupe » est emprunté à l'italien « Gruppo » au XVème siècle, dont le sens originel est« noeud ». Dans la marine à voile les navigateurs le savent : les « noeuds d'écoute » se resserrent eux mêmes à chaque traction. Le groupe, pris dans l'entrelacement de ses pulsions irrésistibles, néfastes, incontrôlables, trouve la triste écoute de la cité et, à chaque mouvement, resserre les liens incompris sur lui même jusqu'à l'étouffement.

Pourquoi la démonstration de la violence est-elle la première, voire la seule voie qui appelle les enfants et adolescents à manifester leur existence?

La réponse, nous la connaissons. 

L’enfant, dépassé par un apprentissage dont le sens lui échappe, pris dans le cercle vicieux des mauvais résultats qui génèrent un sentiment d’impuissance et d’incapacité, va le plus souvent manifester bruyamment son mal-être dans une tentative désespérée d’alerter les adultes sur son désarroi. Et n'ayant pas la capacité de « crier » seul, il va entrer dans un groupe pour y trouver des repères, une place et une identité.

Les colères dues à des frustrations, des privations, des sentiments d'injustice et d’humiliations accumulés quelquefois à travers des générations, ne trouvent pas d'autres « terrains de jeu » que la violence pour s'exprimer.

« Il y a dans la violence extrême un renvoi à sa propre capacité de structurer l’espace, l’identité, l’ordre hiérarchique et les relations sociales (Sofsky 1998) »

Mais alors, il suffirait d'ouvrir d'autres « terrains de jeux » pour structurer l'espace et l'identité, où l'individu trouverait sa place dans un espace bien plus vaste que celui de son petit « groupe », carrément pourquoi pas, soyons fous, dans le genre humain ? 

Il y a deux mille cinq cent ans en Grèce, au moment où naissaient les notions de citoyenneté et de démocratie, un espace a fédéré tous les groupes, riches et pauvres de la cité : le Théâtre qui réunit tous les arts, l'écriture, la danse, la musique, l'art plastique... Eschyle a réuni autour de ses tragédies des milliers de citoyens naissants sous les cieux étoilés des amphithéâtres pour assister à la représentation des violences qui tissent depuis des millénaires la chair de notre condition humaine. 

Ces citoyens ont alors pleuré, ri, et toutes les émotions partagées ENSEMBLE les ont réunis en profondeur, effaçant, le temps d'un instant, les castes, les clans, les appartenances, fédérant hommes et femmes dans le désir d'une Cité plus saine, plus juste, où la violence ne peut plus trouver de légitimité.

Le pouvoir a vite éliminé cette prodigieuse tentative de dissoudre les groupes pour réunir les citoyens dans une émotion porteuse d'avenir. Eschyle a donc été envoyé à la guerre en Sicile où il est mort en simple soldat.

Mais sa tentative subsiste comme un phare dans la nuit.

Eschyle et son oeuvre, jumelle de la démocratie naissante, a inspiré la méthodologie portée par nos trois associations en France et à l'étranger. Et c'est son cadet Socrate et sa « maïeutique » qui l'a enrichie dans la forme que nous pratiquons depuis une trentaine d'années : « Les ateliers d'écriture et de pratique théâtrale ZK. »

En effet, si les Grecs partageaient en masse des émotions communes à travers la représentation des horreurs humaines, s'ils vivaient en choeur la catharsis, la libération de leurs souffrances passées sous silence, ils n'entraient pas eux mêmes dans l'espace de création.

Socrate, lui, s'adressait à l'individu et le « travaillait » jusqu'à accoucher dans l'échange d'une idée cohérente, traquant confusions et contradictions, cherchant à trouver le rythme harmonieux d'une pensée qui allait pouvoir rayonner autour de celui qui l'élaborait.

Humblement, nous avons pris appui sur l'enseignement de ces deux grandes figures pour créer une approche qui s'adresse à la personne tout en ouvrant sur la libération non pas seulement du groupe Théâtre où se trouve l'individu qui se découvre autre sous les yeux des autres, mais de la Cité réunie en « public » lors de la représentation de l’oeuvre.

L’oeuvre est une clef majeure du dénouement des « noeuds ». La représentation de l’oeuvre ouvre un espace où chacun existe dans son authenticité, protégé par un allié de taille à qui il est permis de tout dire, de tout faire, sans être jugé : le personnage.

Dans l'espace de création, le sentiment d'exister, surgit, bouleversant. L' individu se dit, s'entend, 

le groupe l'entend, puis le monde. Chacun devient, non plus consommateur de savoirs et de biens, mais créateur, auteur, acteur, metteur en scène et va pouvoir appliquer ces nouveaux « outils d'existence » au quotidien, dans sa vie.

Afin de toucher tous les enfants, les ateliers d’écriture et de pratique théâtrale ont lieu pendant le temps scolaire, à la demande des enseignants. Depuis vingt ans, la situation a évolué. Dans les années 1980, seuls les enseignants de français sollicitaient ces ateliers dans l’espoir d’assainir les relations d’un groupe classe, et de proposer un nouveau moteur à l' apprentissage scolaire. Écriture et Théâtre étaient réservés à cette discipline.

Aujourd’hui, les ateliers s’ouvrent à la demande des professeurs de mathématiques, d’histoire-géographie, d'éducation sportive ou des sciences de la vie. Toutes les disciplines sont aujourd’hui concernées par «l’expression » de l’élève et la stabilisation relationnelle du groupe. Si, à l'époque, les demandes concernaient uniquement les adolescents, apparaît une réelle volonté des enseignants de ne plus seulement travailler à éteindre les incendies, mais de mettre en place ce processus pédagogique de prévention dés l’école primaire.

Multiplier les espaces d'expression est une nécessité encore mal prise en compte par les autorités, plus rassurées par la répression. Or la répression ne fait qu'accroître les sentiments d’injustice ajoutés à une perception négative de l’institution scolaire et elle a démontré ses limites. Les sanctions, si elles ne sont pas accompagnées par la mise en place d'une pédagogie qui permet aux colères de se dire, alimentent la triste valse des « récidivistes ».

La Rencontre se provoque, s'orchestre et ce rôle appartient à l'intervenant extérieur. Intervention est un terme de la médecine. Une intervention chirurgicale suppose une maladie, et une nécessité d'intervenir pour guérir. La nécessité est grande, urgente et la maladie est celle de l'être, pris dans l'étau de sa confusion, impuissant à démêler les noeuds de violence qui se resserrent autour de lui. 

Nous avons été invités à créer un atelier pour un groupe de récidivistes, suivis par la PJJ, dans un lycée professionnel option métallerie, chaudronnerie. A la première rencontre l'ambiance était « chaude ». Le groupe était bien constitué, les adolescents arrogants. « Écriture ? Nous, on ne sait pas écrire ! Théâtre ? C'est le bâtiment devant l'arrêt de bus mais on n'y va pas, nous... » Et un des « lieutenants » d'ajouter : « En plus, nous, on n'a rien à dire ». La perche était là, magistrale, tendue vers l'intervenant que j'étais. Je l'ai saisie. « Vous seriez les seuls sur la terre à n'avoir RIEN à dire. C'est ce Rien que nous allons explorer, regarder ensemble. »

Et dans la déstabilisation du groupe devant cette réponse inattendue, le rien s'est posé sur la papier, sous leur dictée à voix basse, ou écrit en phonétique. En une heure, le rien a émergé : l'absence de la mère, la violence du père, la solitude et l'ennui, le mystère d'être au monde sans but et sans repères, la trahison, la nostalgie d'un pays lointain dont on est originaire mais dont on ne sait rien, la moquerie répétée, le besoin d'être aimé...Et dans la profonde émotion qui est née de la lecture de tous ces textes, l'étonnement, renversant : l'autre vit ce que je vis. Je comprends ce qu'il dit...De tous ces riens, est né un long métrage de fiction sélectionné à Cannes Junior « Ados Amor ». Tourné en Seine saint Denis, ce projet a fédéré des groupes qui n'en sont devenus qu'un, pendant deux ans : un groupe de travail, de création, de réflexion. Pas un projecteur cassé, pas un centime volé, pas un geste de violence. Et à l'arrivée, la douce fierté d'exister au sein de la cité. 

Dire, s’exprimer est vital pour la construction de l’être. Être écouté par le groupe, dans cet espace de partage est tout aussi vital. Cependant, le groupe n’est encore qu’une bulle dans un monde beaucoup plus vaste, où chacun a besoin de trouver sa place.

C’est en cela que l’atelier se doit de dépasser son propre cadre, le lien de la parole et de l’écoute ne se suffit pas à lui-même. La parole délivrée est matière à action, à «fabrication commune », porteuse du sens de chacun. C’est la fonction de l’oeuvre collective. L’art prend ici toute sa dimension de «révélation » de l'être au monde.

Pour sonder le mystère, nous avons besoin de l'exprimer. Qui suis-je? Qui es-tu? Tu es un mystère pour moi, si je suis un mystère pour moi-même. En te découvrant, je vais me découvrir et si je découvre en toi, si différent de moi, des parties de moi-même, je découvre à la fois que je suis 

unique et que je te ressemble étrangement, et que nous partageons la même histoire troublante : celle des « humains », et qu'il nous appartient, ensemble, de l'écrire.

A travers l'oeuvre d’art, façonnée par l'écriture et la pratique théâtrale, chacun a pris humblement sa place de créateur, intégré à la création commune. C'est l’oeuvre, qui par sa cohérence et sa beauté, ouvre au groupe la porte pour entrer dans la Cité et y exister pleinement. Apparaît alors à chacun, de plus en plus nettement, une autre oeuvre monumentale et fragile, tissée à travers les siècles par des millions d’hommes et de femmes, la construction de sa propre vie.

A une génération nouvelle, avide de comprendre, de se comprendre, ces espaces d' expression et de réflexion proposent un terrain de « jeu », de rencontre et de reconstruction. Et la souffrance de chacun devient la matière première d'une création qui va renouer avec ce pourquoi l' Art est né: se retrouver de siècle en siècle, vivants par delà la mort, se reconnaître dans l'oeuvre de ceux qui nous ont précédés, se définir et se rassembler, par-delà nos différences, dans l'universel de notre condition.

Nous sommes tous, quelles que soient nos spécificités, des bâtisseurs de ponts, des éditeurs, des relieurs de l'écriture volatile que chacun dépose dans l'espace, le temps de sa vie. La philosophie a cela comme atout : ses terrains d'application sont partout où vivent les humains. Il est urgent d'abandonner le piédestal de l'intellect où nous l'avons reléguée et de lui redonner son espace de jeu dans la cité afin d'avancer, pas à pas, pour faire ensemble l'apprentissage, tous les jours renouvelé, de l' Art de vivre.

Les grandes étapes de l'atelier d écriture et de pratique théâtrale ZK.

Au début est l’émotion. « Motion » : mouvement. Émotion : en dehors du mouvement, mise à distance. C’est aussi « bouger en dehors de soi » : Si je peux sentir ce qui bouge en moi (mon émotion), le formuler et bouger avec toi qui fais de même (acteur, auteur dans cet espace), j'existe pleinement avec toi et avec l’autre qui nous regarde.

1 – Se recentrer.

L’écriture sur le papier est une étape de concentration entre soi et soi. Quel que soit le thème choisi pour l'atelier, chaque personne est amenée à dire ce qui est le plus important pour elle. Chacun livre alors au papier ses secrets et se voit apparaître dans les mots, reflets d’un lui-même souvent enfoui.

2 – S’ouvrir aux autres.

A la première étape solitaire, va succéder la découverte de l’autre, des autres, à travers la lecture à haute voix des textes anonymes. Les mots de chacun résonnent dans l’espace, marquent le silence de leur empreinte, et l’écoute leur donne un relief inattendu. Chaque auteur découvre ses propres mots retransmis par la voix d’un autre, et simultanément, « entend » les autres à l’écoute de sa pensée. A son tour, il écoute les textes des autres et découvre avec stupeur les territoires communs, les sentiments universels qui les traversent. Alors qu’il pensait l’autre si différent de lui-même, en entrant dans le pays étranger de sa pensée, voilà qu’il y reconnaît soudain des sensations, des sentiments, des souvenirs qui sont les siens ! Quelle est cette terre où on est sûr pourtant de n’être jamais entré et où pourtant on reconnaît un parfum, l’ombre bienveillante d’un arbre, le murmure d’une source proche et cachée ? C’est la terre des hommes, où les sentiments génèrent des repères familiers dans l’extraordinaire diversité des paysages de chacun. A ces deux étapes de concentration puis de partage va succéder immédiatement une autre forme d’écriture.

3 – Être dans l’espace avec les autres.

La troisième étape est celle de l’écriture du corps dans l’espace. L’improvisation théâtrale dans un espace défini comme « scénique » pousse l’individu à se situer, à prendre sa place « avec » les autres. Son corps comme sa voix se mesurent à ceux des autres. L’improvisation ne laisse pas de temps à la réflexion. Dans la spontanéité de la parole, du geste, de la démarche, pour que puisse 

s’élaborer une fiction qui a l’allure de la vie, tous les sens sont en éveil, et en particulier l’écoute, le regard, le toucher. Chacun existe pleinement en lien avec les autres, et avec l’espace qui l’entoure. Si le lien est brisé, soit avec les partenaires, soit avec l’environnement, l’histoire s’arrête, et si elle s’arrête, c’est pour l’auteur de la rupture comme pour le groupe un choc qui amène à tout recommencer. Pour que l’action se développe, chaque auteur-acteur est dépendant des autres et de l’espace. L’acteur est dans la responsabilité totale de l’interaction dans le triangle : lui, les autres, l’espace. En improvisation, il est le metteur en scène en présence d’autres auteurs-acteurs-metteurs en scène, tous appelés à construire une histoire commune… Et cette improvisation, chacun le sait, ne pourra jamais être reproduite à l’identique. A travers elle se profile la création, plus grave et tout aussi éphémère, d’une histoire qu’aucun d’entre nous ne pourra jamais recommencer, et qui ressemble étrangement à celle de notre vie…

4 – Cristalliser l’écriture

A la fin des ateliers, un texte dramatique cristallise ces moments d’émotion, de découverte, de prise de conscience, de rencontre avec soi et avec l’espace : une fiction à partager avec d’autres voyageurs inconnus qui y trouveront des éveils, de nouveaux repères et y reconnaîtront une partie d'eux mêmes.

5 – Traverser l’espace de l’art toujours vivant.

Le jeu dramatique trouve enfin son aboutissement dans un spectacle vivant, présenté dans un théâtre ou un lieu de culture, dans des conditions professionnelles, ou encore dans une oeuvre filmique, documentaire vidéo ou fiction cinématographique, ou un livre. Cette cinquième étape est aussi essentielle que les autres dans le processus de valorisation de chacun, de confiance, d’estime de soi et de respect de l’environnement. C’est l’instant précieux et unique, où un groupe, fédéré par ces différents étapes, s’ouvre au monde pour partager les beautés du chemin parcouru.

Invitation au voyage, l’art dépose ici, au creux de l’espace, l’empreinte microscopique de la vie de quelques humains. Les vagues du temps la feront émerger, courir sur leurs sommets, pour l’engloutir un jour dans les profondeurs de la mémoire collective. 

Là où le sens, silencieux, frémit et affleure à la surface du présent, pour ceux-là seuls qui guettent son murmure.

Zarina Khan

14 mars 2014 pour la Revue de l'Erre.

Zarina Khan est philosophe, écrivain, réalisatrice et metteur en scène. Elle crée des programmes d’Éducation à la Citoyenneté, de prévention de la violence et des conduites à risques, de sensibilisation à l'environnement et anime des formations pour enseignants, éducateurs et parents. Elle a été nominée en 2005 au Prix Nobel de la paix dans le mouvement international « 1000 femmes pour la paix. »

www.zarinakhan.org