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La Compagnie a été fondée en 1984 pour mettre en application la méthodologie d’ Ateliers d’écriture et de pratique théâtrale Zarina Khan ©, qui vise à développer et consolider le lien social en ouvrant à chacun l’espace de création et un apprentissage artistique spécifique, en favorisant les liens intergénérationnels et en décloisonnant les publics. Le développement de l’enfant est au centre de son dispositif, en milieu scolaire avec le soutien du Ministère de l'Éducation nationale, et en périscolaire, avec les Centres sociaux, de loisirs et les associations locales. La Compagnie basée à Paris travaille sur le territoire national en lien permanent avec ses deux filiales : les Compagnies Zarina Khan Rhône Alpes (création 2000) et Grand Ouest (création 2005) pour assurer la circulation et la diffusion des projets sur ce triangle national. Ses interventions partent du local et de la proximité pour s’amplifier en lnterrégional et créer des ponts durables entre les zones rurales et de «rurbanisation», maritimes, et les zones urbaines.
Elle fonde les actions culturelles et les créations sur la méthodologie des Ateliers d’écriture et de pratique théâtrale Zarina Khan © (dépôt INPI 1994) et le Concept de Centre Culturel de Médiation et de Prévention © validé par la politique de la Ville à la Préfecture de Paris en 1998.
Depuis l’an 2000, les Compagnies développent un programme de «valorisation du patrimoine» sur la base de La méthodologie de l’empreinte créée par Zarina khan et expérimentée et évaluée pendant 7 ans en Ardèche avant de commencer en Bretagne, sur le territoire de la Vilaine Maritime en juillet 2006, avec le Festival Itinérance Grand Ouest.
Les activités générales
Déclarée en préfecture le 7 mars 1984, la Cie devient organisme de formation en 1995 ( N° 11752344875) Agrément Jeunesse et Sports 75 JEP 98 45.
Elle travaille à tisser un maillage pérenne des territoires, se situe dans un contexte de champs d’expérimentation et de recherche de l’outil artistique et culturel au service du lien social, de l’identité des territoires et de la valorisation du patrimoine. Chaque projet sur un territoire est l’occasion de créer et d’évaluer un nouveau programme qui sera transférable et reproductible, par le biais de formations, sur d’autres territoires.
Types d’actions
Toutes nos actions se situent dans le cadre de la recherche. Suite à chaque nouveau programme mis en place, nous mettons en place avec nos partenaires des moyens sérieux d’évaluation afin de mieux comprendre les obstacles, élargir les publics, développer la synergie et pérenniser les apports positifs pour le territoire.
La Compagnie Zarina Khan a pour vocation de créer des espaces d’expression et de questionnement en milieu scolaire et dans les quartiers et de construire des ponts entre les milieux de cultures et d’appartenances différentes.
Sur la base d’une méthode d’Ateliers d’écriture et de pratique théâtrale Zarina Khan © élaborée par Zarina Khan, l’association travaille à donner à chacun la possibilité d’écrire, de lire, de jouer, de traverser l’espace de création, de nourrir une œuvre collective.
Les textes issus des ateliers représentent un répertoire théâtral et poétique contemporain, miroir du «terrain» dans lequel ils sont nés, «des gens qui vivent», si souvent méconnus.
Leur diffusion, par le livre, le spectacle vivant, l’audiovisuel, la chanson et le cinéma leur permet de s’inscrire dans le paysage culturel local, national et international.
Les actions de la compagnie tissent des liens entre les populations, mettent en valeur la richesse des différences comme les questionnements universels des humains, et créent des réseaux culturels de réflexion et d’action en France et au delà des frontières.
Il ne s’agit pas seulement de l’accès à la culture pour tous ni d’inviter chacun à entrer dans les maisons achevées des œuvres artistiques mais bien de permettre à ceux qui, par un parcours personnel difficile, en sont exclus, de traverser l’espace de création en y déposant leur parole unique et riche pour qu’elle prenne sa place dans la vie culturelle de notre société.
Le lien culturel
Depuis 1984, la Compagnie Zarina Khan mène une recherche autour des arts. Si le théâtre est au centre de cette recherche, c’est parce qu’il réunit toutes les formes artistiques pour les mettre au service de la «représentation» de l’être humain, des visions des êtres humains et de leurs mondes, parce que cette «représentation» est nécessaire à la construction de soi, et du monde.
Il n’y a pas un théâtre, mais des théâtres. Notre parcours se construit dans une dynamique de balancier entre la toute première source du théâtre qui nous soit connue, Eschyle, les mythes fondateurs qui ont marqué «le» théâtre, et une écriture complètement contemporaine, en prise sur le quotidien et les univers personnels de chacun.
Il y a 2500 ans le Théâtre naissait en Grèce antique en même temps que la démocratie. Le personnage dramatique est né en même temps que le citoyen. C’est la vie de ces jumeaux-là qui nous intéresse.
C’est la recherche de ce sens-là qui fonde nos choix.
C’est ainsi qu’entre Eschyle et Kateb Yacine, la parole des gens, qui ne l’ont pas dans le cadre de la cité, devient théâtre en atelier, et trouve sa place.
La diffusion par le livre, le spectacle vivant, l’audiovisuel, la chanson et le cinéma, permet à cette parole de s’inscrire dans le paysage culturel local, national et international.
L’école du spectateur
Nos ateliers ne prétendent pas former des artistes mais plutôt des spectateurs. En traversant les espaces de création, l’écriture, le jeu dramatique, la danse, la musique, les arts plastiques, en mettant au monde, par l’alchimie de l’art, des parties de soi qui font de l’invisible, du visible, de l’indicible qui pourtant se transmet, chaque être humain qui a senti en lui cette force naître, se cristalliser et se poser dans une «œuvre» (au sens premier du terme), sera un spectateur «éveillé». Son regard de spectateur, son regard sur les œuvres d’art, sera éveillé de l’intérieur. Et ce même regard posé sur la réalité l’amènera à faire des liens incessants avec l’art, à faire des choix, à lire la réalité comme on lit un livre en prenant conscience des choix de l’auteur.
Comment faire le lien entre Van Gogh et un arrêt de bus ? Par la lumière. Cette même lumière qui fait lien entre les arts qui servent la représentation théâtrale.
La transversalité des arts
Tout au long de son parcours, la Compagnie a réuni des artistes de différents horizons, peintres, sculpteurs, réalisateurs, compositeurs, qui eux aussi ont eu le désir de sortir de leurs «bulles de création», de travailler «avec», de s’inspirer mutuellement et de servir la parole de l’autre, des autres.
Rassemblées dans l’espace théâtral, les œuvres qui se sont engendrées les unes les autres, se séparent en reprenant une vie autonome. Il n’y a pas, à la fin du spectacle, destruction du «décor» puisqu’il n’y a pas en fait «décor» mais rencontre des œuvres dans l’espace théâtral, qu’elles sont nées pour servir. De même que les peintures et les sculptures reprennent leurs chemins isolés, les musiques se jouent ensuite seules.
Chaque projet est porteur de rencontres avec des artistes, chaque œuvre est le fruit d’inspirations croisées.
Interventions dans le champ scolaire et périscolaire
Parce que l’école est le lieu privilégié de la démocratie, l’association s’est attachée à développer un lien artistique et pédagogique avec le milieu scolaire.
Ses objectifs sont l’éducation à la citoyenneté et la prévention des comportements à risques en particulier pour le public préadolescent et adolescent, la DÉCOUVERTE DU PATRIMOINE, MÉMOIRE et CRÉATION pour tous les niveaux... Les actions ont toujours pour finalité une création artistique avec des outils professionnels.
La Convention Internationale des Droits de l’Enfant ayant confirmé en 1989 l’aspect indispensable de la Participation de l’enfant à la vie sociale, l’association travaille à défendre le Droit à l’expression de l’enfant.
La Compagnie Zarina Khan développe les programmes suivants :
La méthode d’ateliers de Zarina Khan est fondée sur la complémentarité du questionnement philosophique, de l’écriture et de l’expression dramatique.
L'association est devenue en 1995, organisme de formation, afin de former enseignants, psychologues, animateurs, ainsi que d’autres métiers de l’enfance, de la jeunesse et de la culture à cette méthode.
Les formations touchent de nombreux acteurs de la «vie de la cité», en France comme à l’étranger.
L'association peut être sollicitée dans le cadre de la formation professionnelle pour redonner confiance à des groupes d’adultes, déstabilisés pour diverses raisons dans leur vie sociale et professionnelle, ou encore pour perfectionner la prise de parole et le style dans l’écriture.
LA CULTURE DE LA PAIX
A la suite à la conférence qu’elle a donnée dans le cadre du colloque du réseau RÉUNIR de l’UNESCO, Zarina Khan devient expert pour «la Culture de la Paix», et participe à de nombreux colloques, symposiums et conférences à travers le monde.
Relatant son expérience d’intervenante en milieu scolaire et le tissage des liens entre les jeunes, à travers le monde, pour constituer un réseau pour la paix, Zarina Khan propose des mesures concrètes d’éducation à la paix grâce aux ateliers et à une culture qu’elle définit comme espace de rencontre, de reconstruction et de résistance.
1 - Présentation du projet
1.1 - Bénéficiaires du projet
1.2 - Objectifs du projet
Découvrir et comprendre la richesse et la beauté du territoire où l’on vit pour y trouver sa place et développer la responsabilité et le respect de l’environnement.
A travers la découverte de l’identité du territoire où l’on vit, modifier son mode de vie au quotidien, être en lien avec ses voisins, aller à la rencontre d’autres générations dans ces activités qui rassemblent et fédèrent.
Découvrir, dans la construction des œuvres, la solidarité, l’entraide, la responsabilité envers les autres enfants et envers les personnes âgées, porteuses de transmission et de mémoire.
L’espace de création permet ici aux enfants d’y partager et de transformer leurs préoccupations personnelles et leurs difficultés et par là de prévenir les violences et les conduites à risques qui éclatent à l’adolescence...
Comprendre, en traversant l’espace de création, de l’idée à la réalisation, que l’art est un compagnon qui ouvre l’être au monde et à son propre épanouissement, que l’art est un pays qui rassemble et fédère les gens les plus différents. C’est un apprentissage de la différence de l’Autre et une restauration de l’estime de soi.
Trouver et comprendre dans l’histoire de ceux qui nous ont précédés, qu’un espace se construit à travers ceux qui l’habitent,que chacun est auteur, acteur et metteur en scène de sa vie et qu’il marque de son empreinte tout ce qui l’entoure. C’est aussi un apprentissage de la responsabilité des futurs «citoyens».
C’est enfin l’occasion d’un maillage plus étroit du territoire et de liens forts et pérennes entre les anciens résidents et une approche innovante de l’intégration des nouveaux résidents à la population locale.
2 - L'Aubergerie, Centre Culturel.
2.1 - Les Ateliers.
L'Aubergerie, Centre Culturel, se développe en premier lieu autour des Ateliers d’écriture et de pratique théâtrale Zarina Khan ©, pour enfants, adolescents et adultes. Les ateliers de peinture et en particulier de laque, ouvrent sur un apprentissage riche de techniques ancestrales appliquées à des méthodes innovantes et à des matériaux respectueux de l'environnement.
2.2 - Les manifestations culturelles et le festival Itinérance Grand Ouest.
Les manifestations culturelles à l'année, relieront les Arts : expositions, danse, théâtre, cinéma, musique, et se déploieront tout au long de l'année, le Festival Itinérance Grand Ouest, point d'orgue en été.
L'espace scénique de l'Aubergerie pourra accueillir tous les artistes, professionnels et amateurs, les conférences et manifestations d'autres associations, dans le respect rigoureux de l'éthique et des objectifs de la Compagnie, et dans le cadre d'un planning souple et convivial.
2.3 - La formation.
La Compagnie propose des formations à ses différents programmes de Prévention, Médiation, valorisation du patrimoine, Sensibilastion à l'environnement, Santé et Insertion, Théâtre, Laque et peinture.
2.4 - Dégustation et découverte des produits du terroir.
Ateliers cuisine, fabrication de pain, repas à thèmes...
3 - Moyens humains
Les artistes intervenants.
Zarina Khan, qui fait partie de la structure porteuse du projet dont la Méthodologie est ici utilisée figure dans le projet à plusieurs titres : formatrice, directrice pédagogique du projet, metteur en scène et écrivain.
Julien le Tyrant, acteur, régisseur et scénographe, réalisateur et musicien.
Sophie Jouhet, Peintre et spécialiste de la laque et des pigments naturels.
Christiane Midawa Vitard, conteuse.
1 - Création d’un répertoire théâtral contemporain à partir du patrimoine historique, géologique et architectural, valorisant le respect de l’environnement.
2 - Fidélisation du public sur un circuit de sites et de sens, pour favoriser le dialogue entre personnes de secteurs et milieux très différents.
3 - Utilisation de sites patrimoniaux comme scènes et travail de recherche avec les acteurs, régisseurs et ingénieurs du son sur la mise en scène en sites naturels, intégration des éléments naturels, lumière du soleil, prise en compte de l’acoustique des sites et scénographies diversifiées en fonction de la météo.
4 - Travail de recherche dans les créations théâtrales avec des musiciens de niveau international et des publics apprentis afin de travailler à l’émergence artistique des jeunes arrivants.
5 - Mobilisation et partenariat avec le monde agricole, autant en matière de création que de mises en scène de marchés du terroir après chaque représentation, occasion de comparer «les saveurs du monde».
6 - Intégration de professionnels handicapés et de professionnels en rupture.
7 - Rapprochement entre des publics ruraux et urbains, entre générations, entre populations locales anciennes et populations immigrées, au cours de rencontres.
8 - Mixité entre artistes locaux et internationaux. Autour des créations, actions de sensibilisation et de formation auprès de créateurs locaux.
En juillet 2000, dans le cadre juridique d’union d’associations, une deuxième Compagnie Zarina Khan s’installe à Mirabel, en Ardèche. Cette association poursuit les mêmes grands objectifs que la première mais s’adapte, au fur et à mesure de ses rencontres avec les communes et les associations intercommunales, à la spécificité du contexte et de l’environnement social et culturel de la région et choisit de se consacrer à la valorisation du patrimoine.
Depuis, dans le cadre de sa mission nationale, la Compagnie de Paris a soutenu celle de Mirabel pour construire, avec des associations et institutions qui oeuvrent pour le développement économique et culturel de la région, une réelle synergie et la mise en place de circuits et relais culturels. La DRAF a soutenu la Compagnie dès son arrivée, en 2001 l’association intercommunale du Coiron lui a confié l’élaboration d’un concept culturel de visite théâtralisée sur le village de Mirabel, et la Fondation de France a pris le relais l’année suivante pour que ce concept puisse se pérenniser et faire partie du paysage culturel, ce qui est le cas aujourd’hui. En janvier 2005, le Conseil général de l’Ardèche a édité son premier magazine, «Ardèche Attitude», où l’accent est mis sur la création, et Zarina Khan a été choisie pour représenter l’Ardèche aux conférences de presse, tant à Privas qu’à Paris.
Types d’actions :
La structure :
Association loi 1901, la Compagnie Zarina Khan Rhône-Alpes détient la licence d’entrepreneur de spectacles n° 2 – 126965 par arrêté n° 03-384 du 6 juin 2003.
Elle a confié sa direction artistique à Zarina KHAN, déjà directrice artistique de la Compagnie Zarina Khan Paris depuis 1984, auteur dramatique (sociétaire adjointe de la SACD), metteur en scène de cinquante créations, auteur de quinze scénarios, et réalisatrice de onze films, dont plusieurs récompensés ou sélectionnés lors de festivals nationaux ou internationaux.
La Compagnie Zarina Khan est également dispensateur de formation (N° 82 07 00461 07, arrêté de la Préfecture de la Région Rhône-Alpes du 18 décembre 2001).
Les personnes.
A côté de la direction artistique, l’équipe de la Cie est constituée de deux permanents à l’année, d’un « noyau dur » de cinq permanents temporaires, artistes et techniciens et de bénévoles actifs qui assurent le fonctionnement administratif et logistique. Elle fait appel régulièrement à des professionnels intermittents du spectacle, techniciens et artistes. Fidèle à son souci de mixité, elle intègre dans ses équipes des handicapés ou des personnes en situation de fragilité et de précarité sociale. Ce mode de fonctionnement lui permet ainsi d’assumer son exigeante rigueur sur la qualité de ses spectacles, tout en respectant son objectif : «Culture et lien social».
La Compagnie en Rhône-Alpes s’attache depuis sa création à mettre en œuvre une méthodologie d’approche du patrimoine dite «méthodologie de l’empreinte».
Création et expérimentation de la méthodologie
1 - Le Temps Traversé, visite théâtralisée du village de Mirabel
Dès son arrivée la Compagnie Zarina Khan Rhône-Alpes a été sollicitée par l’Association Intercommunale de développement culturel et économique du Coiron (AIDCERC) pour créer un concept de développement local pour la commune de Mirabel sous la forme d’une visite théâtralisée du village. Le budget avait déjà été accordé sur des fonds européens sollicités par la DRAF.
La Méthodologie
Le concept de visite théâtralisée créé pour la mise en œuvre de ce projet a permis d’élaborer une méthodologie d’approche du patrimoine fondée sur trois axes :
a - La vulgarisation scientifique.
Le rapprochement entre le regard que l’on peut porter sur un site, l’émotion qui s’en dégage et la vision des scientifiques est la première étape du travail. Georges Naud, géologue et anciennement Conservateur du Musée de la terre de Privas me disait lors de notre première rencontre, que «le savoir scientifique ne peut toucher le grand public que si la poésie en est le passeur». C’est ainsi que j’ai essayé d’ouvrir les yeux sur l’invisible, sur ce qui a été et qui n’est plus, et dont les chercheurs mesurent cependant et quantifient les traces. Comprendre que la terre naît, grandit, s’élève, stagne, s’inverse dans ses reliefs, bouillonne et réagit sans cesse aux affrontements des éléments qui la bouleversent, est l’occasion pour les humains qui vivent une étape de la construction du monde de s’inscrire en elle, et de se resituer dans l’histoire du monde.
b - Le regard des habitants, porteurs de mémoire et d’avenir
Qui d’autre que les habitants d’un village peut mieux être porte-parole d’une mémoire familiale qui remonte parfois à des centaines d’années, des légendes et contes transmis de génération en génération, des anecdotes personnelles qui, racontées autour d’un feu éclairent tout à coup les livres d’histoire les plus touffus et colorent toute la vie d’une contrée ?
C’est pourquoi l’élaboration d’une Visite théâtralisée ne peut se faire sans de nombreuses rencontres conviviales avec les habitants du village et des alentours. Leurs rêves, leurs visions de leur site, dans un futur qui les dépasse et pourtant qui dépend d’eux, sont des éléments essentiels pour tisser les mots du texte théâtral et donner vie aux voix des interprètes de la Visite.
c - Le développement local, le tourisme et le cadre Culture- Agriculture
La traversée artistique d’un village, si elle s’appuie sur la science, le vécu des habitants et leur mémoire, est aussi ouverte à «ceux qui passent», à ces nomades du monde moderne, qui, sous prétexte de vacances, sont cependant tous en quête d’émotions qui vont structurer leurs voyages et allier l’enrichissement de leur regard sur le monde, à la découverte des beautés et des saveurs d’un terroir nouveau. Ainsi la synergie des secteurs concernés sur un même site s’harmonise autour des visites : producteurs, agriculteurs, commerçants, acteurs du tourisme et du social, s’allient alors dans une dimension qui dépasse les convictions politiques et religieuses et les catégories sociales : l’Art et ses espaces multiples qui rapprochent les premiers hommes des derniers.
Le caractère innovant de ce concept s’enrichit d’une spécificité toute particulière : tout le parcours est conçu pour que les visiteurs qui découvrent le site et apprennent à lire les marques du temps, passent de l’état de spectateur, celui qui regarde, à l’état de «créateur de traces».
Invités à écrire, les spectateurs conçoivent eux-mêmes la fin de la visite théâtralisée : «Comme vos ancêtres ont dessiné sur les parois des cavités dans les falaises, la beauté de ce qu’ils voyaient, pour qu’elle vous soit transmise, posez sur l’écorce de cet arbre devenu papier un mot, une phrase, un signe de votre main tracé, un souvenir, une émotion, un paysage».
Les visiteurs alors écrivent, posent leur empreinte. Après avoir lu les empreintes des mammouths et des premiers hommes, leur écriture leur est immédiatement restituée et prend place dans l’œuvre artistique et dans la continuité du temps de la terre.
«Si ce papier, un jour prochain, comme nous, au cœur de la terre, redescend, moi, mémoire de toujours et d’antan, je sais que, comme les stries nacrées des coquillages, vos mots seront dans le sable fossilisés, ciselés à travers les âges. Je vois un jour lointain, dans un monde dont nous ne savons rien, des êtres qui sur les coquillages de vos mots se penchent et s’émerveillent. Et je les entends dire, dans une langue étoilée d’autres planètes : "regarde que c’est beau ! Mirabel !"»
Le patrimoine s’est alors enrichi et modifié sous le regard actif des visiteurs qui eux-mêmes s’inscrivent alors en tant qu’individus dans un «patrimoine vivant» dont ils sont responsables et garants.
Née en août 2001, la Visite théâtralisée du village de Mirabel fait désormais partie du paysage de la commune. Afin qu’il n’y ait plus de «hors-saison», Le Temps traversé est repris aux quatre saisons de l’année, et la mise en scène diffère selon les couleurs de la campagne, et le climat.
Les visiteurs se croisent, reviennent d’année en année et élargissent le cercle du public. Jusqu’à présent, 21 représentations rythment le temps d’une année.
2 - Olivier de Serres au Domaine du Pradel, Itinérance théâtrale.
Aussitôt après la Visite théâtralisée de Mirabel, le Domaine du Pradel a passé commande à la Compagnie d’un spectacle sur le célèbre agronome du XVIème siècle, Olivier de Serres. Nous avons respecté les fondements de la méthodologie appliquée au village, mais étant donné l’immensité de l’œuvre d’Olivier de Serres, la recherche s’est portée essentiellement sur son livre, Le théâtre d’agriculture et mesnage des champs. Il s’agissait d’extraire l’essence de ces 1200 pages, denses et précises, à la fois autour de l’innovation en matière d’agronomie, mais aussi au-delà de dégager la philosophie de l’agronome pour le resituer dans le contexte du 16ème siècle, traversé par la découverte bouleversante du Nouveau Monde et déchiré par les guerres civiles et religieuses. C’est ainsi qu’est née, sous la plume de Zarina Khan, La ballade de la lavandière, ou rencontre avec Oliver de Serres, agronome du 16ème siècle.
Conçu sous la forme d’une itinérance théâtrale qui permet aux visiteurs de découvrir plusieurs parties du domaine : la cour d’honneur de l’ancienne bastide, le bois de chênes, la «mère des fontaines» et les caves du musée, ce spectacle anime depuis 2001 les Nocturnes du Pradel et fait découvrir des sites naturels exceptionnels, sur le plateau du Coiron, à St Vincent de Barrès et en 2005 à St Maurice d’Ibie.
3 - Paroles de Pierres, Itinérance Théâtrale du quartier de la Cathédrale de Viviers.
Sept Portes sur le ciel, Itinérance Théâtrale du Château d’Aubenas.
Après avoir évalué et pérennisé «Le Temps Traversé» et «La ballade de la lavandière», l’année 2004 fait entrer dans l’itinérance 07 deux sites essentiels du département de l’Ardèche : la ville de Viviers, et le château d’Aubenas. Aubenas « la hautaine » domine la vallée de l’Ardèche, là où elle s’ouvre sur le Sud, Viviers nous appelle à prendre avec le Rhône une autre mesure de l’espace, des voies de passage qui fondent les métissages, et la découverte de matériaux, de graines et de coutumes qui vont bouleverser les modes de vie locaux.
4 - L’écho des Vallées
Mise en œuvre d’un circuit de sites théâtralisés sur les 4 saisons de l’année.
L’évaluation des premières Itinérances Théâtrales que nous avons créées en Ardèche nous a conduits à l’obligation d’une vision globale et à long terme du territoire. De la même façon que «les Romains ont travaillé avec les Helviens à construire des routes et des ponts afin que les montagnes ne soient pas séparées des vallées et que les pays soient les uns aux autres reliés», il nous paraît aujourd’hui nécessaire de concevoir l’aménagement culturel du territoire en «échos». La politique actuelle d’aménagement en « pays », nous permet aussi d’envisager notre travail en création de passerelles artistiques qui consolideraient des «itinéraires» parsemés de haltes et de rendez-vous.
C’est pourquoi nous travaillons, fidèles à la méthodologie de l’empreinte, à la création d’un répertoire de Théâtralisation du Patrimoine qui reliera les sites riches et diversifiés entre eux, dans un itinéraire touristique cohérent mais aussi dans l’organisation d’une synergie entre les ruraux et urbains comme entre les différents secteurs du local.
Les objectifs de la Théâtralisation du patrimoine sont sous-tendus par une démarche d’ouverture culturelle et sociale à long terme. Car s’il s’agit de contribuer au développement culturel et économique d’un territoire en y créant une attraction durable, s’impose à nous le souci d’une éthique claire en ce qui concerne la mise en place d’échanges durables entre des personnes issues d’horizons différents. Il n'est pas question de «consommer» un peu plus de culture ou de produits du terroir, mais, à travers la découverte de tout ce qui a séparé et rapproché les humains qui nous ont précédés, de tisser des liens profonds, qui mettent l’Europe en perspective et résonnent «en écho» avec le patrimoine du monde. Chacun se sent concerné par la vie de la région dont il découvre les potentialités à travers les questions et les désirs partagés. Pour que ville et campagne redécouvrent leur unité fondamentale, pour que art et science retrouvent leur synergie, pour que la qualité de la vie éclaire les nouveaux dispositifs économiques.
Le projet d’étendre les visites théâtralisées à d’autres sites ne peut se concevoir que dans une perspective de décloisonnement des espaces et des milieux. Ce décloisonnement s’opère à deux niveaux :
Choisir des lieux forts en mémoire pour les visites n’est pas anodin. Le patrimoine géologique et historique est aujourd’hui un patrimoine humain autour duquel, plus qu’ailleurs, les gens sont susceptibles de se retrouver et de se concerter pour faire vivre leur région.
L’atelier d’écriture conclut certes les spectacles, mais initie en même temps l’action à venir en démontrant que chacun a son mot à dire. C’est pour cela que nous mettons en place, dans la continuité des Visites théâtralisées, des ateliers d’écriture et de pratique théâtrale, qui réunissent ruraux et urbains dans la construction d’œuvres communes, qu’elles prennent pour support le théâtre, le livre, ou la production audiovisuelle. Ensemble, les habitants des villes et des campagnes créent un répertoire commun dont la région qu’ils partagent, ne serait-ce qu’un instant, est la source et le lien.
La mise en valeur du patrimoine est l’apprentissage d’une sagesse commune où chacun a sa place pour défendre les intérêts de l’environnement, de la qualité alimentaire, de la santé et du bien-être. C’est une solidarité à mettre en place.
1. MIRABEL
Le Art’Kafé
La Compagnie ouvre les portes du Art’Kafé en juillet 2002, lieu de rencontres et d’échanges avec les auteurs, les musiciens, les comédiens, les plasticiens, les agriculteurs… et crée une fois par mois «Les Rendez-vous de Mirabel», carte blanche aux créateurs.

Le Temps traversé, itinérance théâtrale du village de Mirabel, de Zarina Khan
Point de vue de la Presse
«Le Temps traversé raconte l'aventure de Mirabel. Une mise en scène aérienne accompagne le spectateur dans un itinéraire spatial et mental fabuleux. La nature apporte le décor et l'éclairage. Le spectacle se termine par un moment d'écriture où chacun devient auteur d'une pièce collective.»
(Hervé Mauran, La Gazette).
« Pénétrer le temps et les intimités peut ne pas être un viol mais simplement un transport à travers les siècles, un simple passage permettant de se plonger dans un retour vers ses sources, d'où l'on vient, d'où viennent nos ancêtres. On sent autour de la compagnie Zarina Khan, la complicité de tout un village, fier de ses murs, de son histoire et le désir de partager cela avec les invités du jour. En effet, ici, on se sent plus invité à partager l'éternité du temps traversé que simple spectateur d'un jour. Ceux qui ont traversé le temps à Mirabel ne peuvent oublier ce voyage à travers les siècles et à travers leurs racines. »
(Dauphiné Libéré, 6 février 03)
2. VIVIERS
Paroles de pierres,
Itinérance théâtrale de Zarina Khan
Création sur le Quartier de la cathédrale à Viviers.
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«Des textes d’une force exceptionnelle. Une découverte admirable.» Kader Ferchiche. (Dauphiné Libéré) Extrait du texte «Viviers, porteuse de vies, s’étire comme bercée pour une sieste. Viviers, vers qui les mammouths ont frayé le passage. Viviers, où les premiers hommes se sont abrités, arrêtés sur les terrasses du fleuve, petit village de pêcheurs, campement de chasseurs de chevaux sauvages, citadelle des Helviens et des Romains, temple de Jupiter peut-être, évêché où l’on bat monnaie, Viviers à feu et à sang, flamboie et brûle, despopulée et détruite, prospère et suzeraine, commerciale avec ses foires déployées et ses cohortes de drapiers, pelissiers, merciers et mangonniers, bateliers et pontonniers, ses magistrats et flamines, les décurions et dendrophores. Cité qui se fait et se défait, s’ouvre au passage et se clôt dans ses murailles. |
Aujourd’hui, notre petit bourg s’est fait sablier de la parole des pierres, et dans l’or du sable qui rutile se dévoilent un à un les mystères de notre prodigieux passé… En reprenant votre chemin, choisissez une pierre, saluez-la, écoutez bien, elle vous répondra…»
3. AUBENAS
7 portes sur le ciel,
Itinérance théâtrale de Zarina Khan
Visite Théâtralisée du château
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Inspiration Là où il y a de la terre, il y a de l’eau pour que les pas puissent s’inscrire dans la terre, De l’eau pour que nos empreintes demeurent jusqu’au prochain souffle de vent. (Chanson populaire russe) Création Cette itinérance théâtrale est une invitation au voyage dans Le Château d’Aubenas comme dans l’intimité d’un être vivant. Né il y a 10 siècles de la folie d’un homme qui voulait effleurer le ciel de sa main, ce personnage, d’abord donjon bâti à même la roche, au contact des humains, grandit, devient un château qui s’étire en ville et continue encore à croître. Il se nourrit d’être à la croisée des vallées et des montagnes, des cols et des rivières, des voies de l’Atlantique et de la Méditerranée, point de convergence et de conciliation des extrêmes : ALBANACENS, à la naissance de l’aube. ALBENATE, cap des extrêmes. |
L’air, le feu figé dans la lave du rocher, la terre et sa roche millénaire, bercent l’enfant qui grandit. L’un des 4 éléments nécessaires à la vie manque. L’eau a déserté le rocher et gronde, capricieuse à ses pieds, dans le lit fougueux de l’Ardèche. Le château va alors se battre pour survivre et ce combat fait naître à l’entour des citoyens solidaires qui marquent l’histoire de la Démocratie. Épopée à travers les siècles, dans la pénombre de ses pierres, le Château ici dévoile tous les efforts obscurs qui préparent la victoire de la vie sur la mort, de la beauté sur les horreurs de la guerre, de la fraternité sur l’obscurantisme qui aujourd’hui encore déchire le monde.
Ardeur et douceur de la lumière retrouvée dans la Cité aux 7 portes.
4. Dans tout espace pour peu qu’il y ait du ciel et de la terre
La ballade de la lavandière,
ou rencontre avec Olivier de Serres.
Itinérance théâtrale de Zarina Khan, créée pour tous les jardins du monde, et déjà jouée au Pradel puis à St Vincent de Barrès, St Maurice d’Ibie et sur les plateaux du Coiron. |
Hommage de la Presse Si Olivier de Serres m'était conté Avec "La ballade de la lavandière" proposée par la compagnie Zarina Khan c'est un autre moyen de découvrir Olivier de Serres, une façon d'aller à la rencontre de ce visionnaire, agronome du XVIe siècle Pour tout savoir, il suffit de suivre Marie, la lavandière, engagée par le jeune Olivier de Serres quand il s'installe au Domaine du Pradel. Découvrant la force créatrice de cet homme, elle va l'aimer toute sa vie en secret. L'amour qu'elle lui porte l'a rendue immortelle pour notre plus grand bonheur. C'est pour cela que défiant les siècles, elle est là, pour nous faire découvrir Olivier de Serres, sa vie, son œuvre, son domaine : Le Pradel. |
Démarrant son récit sur le ton de la confidence pour ne pas déranger son maître bien-aimé qui écrit dans la pièce d'à côté, elle nous entraîne virevoltante de bonheur à travers l'aube de ce troisième millénaire. Bien installés à l'ombre de la chênaie pluriséculaire, vous l'écouterez vous transmettre ce qu'elle sait pour raviver dans les mémoires, les découvertes de ce visionnaire. Ses secrets s'entrelacent aux murmures des cyprès et des châtaigniers. Elle sait traverser le temps, elle fait traverser les temps. Son propos passionné et passionnant incite à revivre les émotions du passé. L'attention qu'on lui prête apporte l'apaisement, un certain calme intérieur qui permet à l'esprit de se transporter dans son histoire. Zarina Khan, extraordinaire actrice, interprète du personnage Marie, sait plonger son regard en vous pour en extirper votre attention qu'elle tient en haleine jusqu'au bout de son récit. Une façon insolite et originale de découvrir Olivier de Serres (J.P. Le Dauphiné libéré).
5. LAVILLEDIEU, le cloître
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En accord avec le Maire de Lavilledieu, la Compagnie Zarina Khan a intégré dans l’Itinérance 07 ce très beau cloître afin d’y présenter des spectacles vivants. En été 2004, le Cloître a été l’espace choisi pour y présenter le premier concert en France des musiciens russes Victor Sobolenko , Evelina Petrova. Et la pièce "Requiem", à la croisée du théâtre et de la musique... de Roger Lombardot, mise en scène par Maïa Rubinstein avec Maïa Rubinstein, Victor Sobolenko , Evelina Petrova. Création pour une actrice, un violoncelle et un accordéon. |
«La culture et la barbarie.
Déjà remarquable dans "Shéhérazade" du même auteur, Maïa Rubinstein confirme un talent hors normes. (…) Elle entraîne dans un bouleversant voyage.»
(Dauphiné Libéré)
«Le plus grand moment d’émotion du festival de Luxeuil.
A travers «Requiem» c’est l’humanité qui est rappelée à l’ordre de la dignité. C’est une œuvre profondément humaine que Maïa Rubinstein, adossée à l’orchestre, a jetée au visage d’un public pétrifié d’émotion. Les mots et le jeu de l’actrice ont pour effet de remettre les yeux des spectateurs en face des trous, entretenir la plaie salvatrice du souvenir, empêcher la cicatrisation des consciences. La musique par sa gravité soutient le caractère poignant de ce récit offert par une actrice jeune mais tout à fait prodigieuse de talent.»
(L’Est républicain, juillet 2003)
6. MOST, Le Pont entre la Russie et l’Ardèche
En décembre 2002, nous avions tendu un pont entre la Russie et Mirabel avec une exposition de photographies. En été 2004, c’est à travers la musique que le pont continue à se construire. La beauté est partout, que ce soit à Mirabel ou à St Pétersbourg.
Point de vue de la Presse.
«Ainsi se tissent des liens entre les hommes d’ici et là-bas. La connaissance des uns et des autres est certainement la meilleure arme pour la paix.»
(Dauphiné Libéré, 12 décembre 02)
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